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Les salariés jugent leurs bureaux
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Céline Laurenceau : « Notre enjeu, chez Accenture, est de créer un sentiment d’engagement et d’appartenance. »

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Interview
Publié le 2019-06-18 16:48:57

Managing Director d’Accenture, en charge des questions RH et d’organisation, Céline Laurenceau est la Go-to-market Lead pour la France de Fjord, le réseau mondial de studios d’innovation et de design racheté en 2013. Elle décrypte la stratégie organisationnelle d’Accenture et l’impact de l’aménagement des bureaux sur les métiers créatifs.

Photographie de Céline Laurenceau

Céline Laurenceau

Accenture a été pionnier en matière de télétravail et de transformation digitale. Est-ce que plus de digital a entraîné moins de relations en face à face chez vous ?

C’est vrai que nous avons été parmi les premiers à signer l’accord sur le télétravail. Aujourd’hui, plus d’un tiers des salariés, hors consultants, l’ont signé chez nous. Mais nous avons constaté que plus on digitalise, plus il faut socialiser. Nous avons 80 % de notre effectif qui a moins de 30 ans, composé essentiellement d’une population nomade (métiers du conseil obligent). Notre enjeu est de réussir à créer un sentiment d’engagement et d’appartenance, alors que nous passons la majorité de notre temps chez le client.

Le bureau pour les consultants est central. Au sens propre comme au sens figuré :

Comment un grand groupe comme vous, avec des métiers très différents, gère le droit à la déconnexion ?

Nous avons instauré une règle et un dispositif technique : après 20 h 00, si on envoie un message, on reçoit une alerte. Les moins de 35 ans veulent mélanger leur temps de travail et leur temps perso. Ils ne sont pas clairs sur le sujet de la déconnexion. C’est complexe : il faut des règles normatives, mais suffisamment souples pour s’adapter aux différentes populations.

Comme nous avons racheté plusieurs entreprises comme Fjord, nous avons aussi des populations avec des rapports différents au temps. Les designers par exemple sont beaucoup à être issus du freelancing. Résultat : j’ai une personne qui a un groupe de rock qui voudrait un mi-temps particulier, 15 jours de travail, 15 jours de pause. Dans le même temps, c’est une population qui ne supporte pas le multitasking. On ne dérange un designer quand il est concentré sur un sujet. Alors que les consultants traditionnels peuvent davantage switcher et ont un rapport plus classique à leur emploi du temps.

Fjord est le studio de design d’Accenture. Comment est-ce que l’on pense l’espace de travail pour les métiers créatifs ?

Nous sommes organisés en 5 grandes zones. Vous avez d’abord un espace « craft » pour prototyper, puis un espace collaboratif, où les collaborateurs, les clients ou les partenaires peuvent venir librement travailler. Ensuite, vous avez la cuisine-espace collectif, où tous les vendredis matin l’équipe prend un petit déjeuner. C’est seulement dans un second temps que vous avez l’open space, où chacun possède son propre poste de travail et les salles « projet », chacune dédiée à l’une des missions sur lesquelles on travaille.

Symboliquement, la disposition de ces espaces est importante : on entre dans un espace ouvert à nos parties prenantes, puis vous avez le lieu de rencontres et d’échanges, le lieu par excellence où se noue la culture d’entreprise. Et enfin, vous avez les espaces de travail. Le travail n’est pas second, mais cela montre (et fait vivre) l’importance que l’on donne aux relations. De même, nous avons fait attention à ne pas cloisonner tous nos bureaux : une pièce ouverte physiquement est aussi ouverte intellectuellement, généreuse. Pour des créatifs, être ensemble est fondamental. C’est la condition même de leur créativité, fondée sur l’échange et le prototypage.

Karim Zaouai, Design Lead, Fjord Paris

Designer (space design).

Photographie de Karim Zaouai

Karim Zaouai

Le Design Thinking adapté à l’immobilier

Le design est un art appliqué, lié à l’industrie au sens large (organisation, création de produits…). Dans cette approche, dès que l’on pense un objet, que ce soit un tabouret ou une application, on réfléchit dans le même temps à son déploiement / sa production. Les écoles de design sont par exemple souvent financées par le ministère de la Culture (c’est un art) et par celui de l’Industrie (c’est un art appliqué).

Traditionnellement, on part du brief donné par le client, à partir duquel on fera des recommandations. En design, on part des utilisateurs. On va voir si la problématique du brief correspond au vrai besoin rencontré par les utilisateurs (dans l’immobilier tertiaire, ce seront les salariés eux-mêmes). Dans l’ordre : on fait d’abord un « terrain » (phase d’observation en situation des utilisateurs), puis une phase « d’idéation » (intelligence collective), et enfin on prototype le produit.

Plus concrètement, nous avons designé les bureaux d’un des leaders des télécommunications au Moyen-Orient pour rendre leurs espaces modulaires. Il fallait pouvoir faire venir les clients, avoir des cloisons amovibles, etc. On a aussi travaillé pour un call center pour qui l’organisation de l’espace physique était un vrai enjeu. Aujourd’hui, quand vous téléphonez à un centre d’appel pour une question, et que votre interlocuteur n’a pas la réponse, il doit sortir de son bureau pour trouver son chef. C’est pour cela que vous avez souvent du temps d’attente. On a modifié l’espace de bureau pour que les managers aient une position plus centrale. Pour tester la solution, nous avons utilisé de la réalité virtuelle, cela a permis aux employés de se projeter et, à nous, d’ajuster l’aménagement de l’espace.


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