Nicolas Laisné architecte : "Toujours plus de terrasses et de balcons, même dans les bureaux"

Interview

Parmi les tendances que la crise sanitaire a confirmées, l’importance accordée aux espaces extérieurs est criante, qu’il s’agisse d’immobilier tertiaire ou d’habitat. À Nice, Nicolas Laisné a livré un immeuble où les terrasses et les balcons représentent 25 % de la surface totale.

Quelles tendances voyez-vous s’affirmer en matière d’immobilier tertiaire depuis la crise ?

Les espaces extérieurs, dont j’ai fait l’une de mes marques de fabrique depuis des années, et qui étaient encore souvent «optionnels» dans la tête des investisseurs sont aujourd’hui un prérequis. La crise a également accéléré la demande en construction bas carbone, notamment le bois, qui représente 80% de ce que nous faisons à l’agence. Le réemploi est également une demande, mais ce n’est pas encore vraiment massif.

Parlez-nous des espaces extérieurs : avez-vous un exemple concret en tête ?

À Nice, nous avons réalisé le bâtiment Anis, avec le promoteur Pitch. On y retrouve 25% de surfaces extérieures ! Toutes les circulations verticales se font à l’extérieur, et les ascenseurs, eux, logés dans les pignons, débouchent dans des espaces à l’air libre. Les balcons, avec plus de trois mètres de débord, apportent de l’ombre aux étages inférieurs, ce qui était une vraie demande compte tenu du climat méditerranéen. Dans ce même esprit, nous avons réalisé des bâtiments en bois, comme WoodWork ou Arboretum en Île-de-France. Ce n’est pas rien d’arriver à construire en bois, avec beaucoup de balcons, d’espaces extérieurs et de rendre le tout viable économiquement.

Quels usages en font les utilisateurs ?

Au quotidien, les circulations animent les façades et sont propices aux échanges informels. À Nice, le bureau d’étude, le promoteur et KPMG y ont installé leurs bureaux. Ce qu’ils nous disent, c’est qu’ils utilisent les espaces extérieurs pour les réunions, pour passer des coups de fil et s’isoler bien sûr. Mais aussi pour y déjeuner le midi, y faire une pause cigarette ou organiser des événement festifs. C’est un vrai lieu de vie, accessible de chaque bureau !

Les étages s’ouvrent à l’extérieur, qu’en est-il des pieds d’immeuble ?

C’est une demande très forte de la part des villes, mais aussi de nos clients, de proposer une animation des services au rez-de-chaussée : des crèches, des restaurants, des commerces qui puissent leur servir. C’est pour cela que l’on aime bien participer aux appels d’offres avec les maitres d’ouvrage, afin de se faire accompagner par ceux qui ont une vraie connaissance des besoins de la ville. Et donc adapter notre proposition. Les pistes sont en train de se brouiller : aujourd’hui, les immeubles de bureaux donnent envie d’y vivre, les employés attendent d’y ressentir une expérience. Certains me disent : « mais Anis ça ne ressemble pas à des bureaux, mais à des logements ! ».

Nicolas LAISNÉ. Fondateur Nicolas Laisné Architectes