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Les salariés jugent leurs bureaux
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Philipp Schmidt : « Nous voyons deux types de métiers, certains ‘télé-robustes’ et d’autres ‘télé-fragiles’. Une chose est sûre, il faut ménager des lieux pour retrouver sa ‘tribu’ professionnelle »

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Interview
Publié le 2020-12-02 17:50:19

Chief Transformation officer depuis 2016 chez Prisma Media, Philipp Schmidt voit l’évolution des pratiques de l’entreprise d’un œil stratégique. Nouvelle génération, campus de Genevilliers télétravail… il en dit plus sur ce que le Covid a changé dans l’agence.

Philipp Schmidt

Philipp Schmidt
Chief Transformation officer,
Prisma Media

Comment l’organisation du travail va-t-elle être impactée par le Covid-19 chez Prisma à moyen terme ?

Jusqu’à maintenant, nous avions misé sur un grand siège de 25000 mètres carrés pour accueillir nos 1200 collaborateurs à Gennevilliers, dans une sorte de « campus » excentré bien qu’accessible via la ligne 13 du métro. Une façon de réunir toutes nos « business unit », toutes les générations, dans un siège disposant de différents services, de cafétérias, d’une « zen zone », d’un espace de coworking intégré, etc. Tout cela avec un objectif en tête : augmenter la qualité de vie au travail. Pour une entreprise comme la nôtre qui fait du « people first » une valeur centrale, demain alors que l’on voit bien la difficulté que représentent les transports en commun, ce mode de fonctionnement ne sera plus possible. Nous nous dirigeons vers un mode plus hybride. Prendre soin de nos collaborateurs, c’est pour nous s’adapter à leurs besoins. C’est pourquoi nous envisageons d’opter pour plus de flex-office, une part de télétravail largement augmentée, et des lieux plus centraux dans Paris pour nous rassembler.

Une part de télétravail largement augmentée, et des lieux plus centraux dans Paris pour nousrassembler.

Pourquoi malgré le télétravail, ces nouveaux lieux sont importants à vos yeux ?

Certains métiers se prêtent plus au télétravail, nous les appelons les métiers « télé-robustes ». C’est notamment valable pour les projets d’amélioration de l’existant où l’innovation est marginale. Dans un monde incertain comme celui que l’on vit actuellement, c’est important d’avoir une organisation résiliente. Mais il y a également des métiers « télé-fragiles », qui nécessitent de la créativité, des brain-storming, et là, les dirigeants d’agences me le confirment, pour ces activités, c’est plus simple lorsque l’on se voit. Certains collaborateurs, souvent les plus âgés dont les enfants sont déjà grands, sont très à l’aise de chez eux, mais pour les plus jeunes, dans des petits appartements ou avec des enfants en bas âge, c’est beaucoup plus difficile. Chaque profil est différent, mais pour beaucoup qui fonctionnent avec du travail en équipe, il y a un besoin intrinsèque de retrouver sa « tribu » professionnel dans des lieux physiques.

Dans ce monde touché par la pandémie, nous ne cherchons pas la sagesse ultime, mais l’adaptabilité la plus rapide possible

Quels sont les lieux jugés « essentiels » ?

Il y a un besoin d’endroits physiques afin de célébrer des moments conviviaux. Mais aussi des lieux informels pour désamorcer des petites tensions, des petits « cailloux dans la chaussures » qui, avec les non-dits de la distance, peuvent à terme évoluer et devenir de plus gros problèmes. La machine à café joue un rôle très important ! Mais l’enjeu aujourd’hui n’est selon moi pas d’imaginer le bureau du futur, mais l’organisation, le management et des espaces à même de s’adapter. Il nous faut changer d’état d’esprit et devenir des organisations apprenantes, qui s’améliorent perpétuellement. Dans ce monde touché par la pandémie, nous ne cherchons pas la sagesse ultime, mais l’adaptabilité la plus rapide possible. La tendance est déjà connue : c’est la fin du bureau attitré, les codes du coworking, la mobilité au sein du bureau. La génération la plus ancienne y est encore attachée, mais ce n’est pas un problème pour les plus jeunes, qui sont bien plus attachés au service qu’à la possession.

La génération Y et l’autorité

Aujourd’hui, ce qui ne passe plus, c’est le management par le contrôle. Le management « père fouettard », c’est terminé. L’idée que l’on doit être dur pour être respecté a vécue. Le télétravail a accéléré cette évolution, puisqu’il n’est tout simplement plus possible d’être derrière chaque employé. Ce qui fonctionne en revanche, c’est le management par la confiance. Les employés attendent de leur supérieur qu’il apporte du sens, réponde à ses questions, montre la voie. Il faut qu’il incarne les valeurs de l’entreprise, sa raison d’être. C’est très important pour contrer le risque d’avoir un employé qui démissionne « intérieurement », se désintéresse, décroche. Enfin, la génération Y a un besoin accru de transparence, ils demandent à comprendre, à avoir une vision globale, à accéder aux informations, à avoir accès aux dirigeants. Les grands patrons que l’on ne voit que lors des assemblées générales, ça ne facilite pas l’engagement !


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